DOUAI : La Ville a acquis un exceptionnel groupe en faïence fine de Douai pour le musée de la Chartreuse

La Ville de Douai annonce l’acquisition, pour le musée de la Chartreuse, d’un  groupe en faïence fine de Douai, d’après Alessandro Algardi, fin XVIIIe siècle, représentant Hercule combattant l’Hydre de Lerne. Cette sculpture exceptionnelle a été acquise en vente publique à l’hôtel des ventes de Douai le 30 janvier 2021.

Le musée de la Chartreuse conserve la collection de référence de faïence fine de Douai. Riche de plus de 450 œuvres, elle se compose principalement de vaisselle d’usage, pièces de forme ou d’objets plus décoratifs. La plupart de ces faïences sont en terre blanche simplement couverte d’une glaçure plombifère transparente, caractéristique de la faïence fine, à l’instar de la creamware d’outre-Manche mise au point au milieu du XVIIIe siècle. Les autres sont en terre rouge clair, brique ou brune et présentent souvent un décor jaspé. La cuisson est réalisée au charbon de terre (houille) provenant d’Anzin, puis Mons. Les formes sont toutes néoclassiques, proches des grès de Wedgwood. Les marques en creux ou peintes sont rares. Toutes ces spécificités trahissent l’origine des fondateurs de la première manufacture de faïence fine de Douai (rue des Carmes, 1780-1820), les frères Leigh, potiers anglais exilés sur le continent, car catholiques.

Les sculptures en faïence fine de Douai sont très rares. Le musée de la Chartreuse en conserve quelques exemples, comme de petits lions ou un chien, des bustes de Voltaire et de Rousseau. Le style et la vigueur du modelé des lions sont très proches de ceux de l’Hercule combattant l’Hydre de Lerne, à la nuance ivoire bien caractéristique de la première manufacture de Douai et portant sur le devant de la terrasse encastrée dans le socle, une des rares marques des faïences fines douaisiennes

Ce groupe, apparemment unique (aucun autre exemplaire n’est répertorié), est également exceptionnel par ses dimensions, la complexité de sa composition et son iconographie recherchée, figurant le deuxième des douze travaux d’Hercule. Le demi-dieu combat l’Hydre de Lerne, monstre chimérique à corps de chien, queue de poisson et neuf têtes de serpent. Il est ici aidé par son neveu Ioalos, qui brûle les têtes de l’Hydre pour les empêcher de repousser (conformément au pseudo-Apollodore). Si le socle de cette sculpture, rudenté et orné aux angles de feuilles d’acanthe, est bien néoclassique, le groupe présente étonnamment toutes les caractéristiques de la sculpture baroque romaine du milieu du XVIIe siècle. Il s’agit en effet d’une adaptation fidèle d’une composition créée vers 1630 par Alessandro Algardi (Bologne, v. 1595/1598 – Rome, 1654), connue par plusieurs réductions en bronze présentant quelques variantes (Wadsworth Atheneum d’Hartford, musée des Beaux-Arts de Budapest, collection Hill et marché de l’art). Notre groupe semble plus proche de la version d’Hartford. Cette transcription en faïence, sans doute obtenue par simple moulage, pourrait être l’œuvre du père ou du grand-père du sculpteur Théophile Bra, sculpteurs décorateurs actifs à Douai à la fin du XVIIIe siècle. Son père, Eustache Bra, a signé quelques sculptures en faïence fine produites par la seconde manufacture douaisienne au tournant du siècle.

L’historique de cet objet permet d’attribuer ce groupe à la première manufacture de faïence fine de Douai, celle de la rue des Carmes, car elle provient de la collection de Gaspard Houzé de l’Aulnoit, avocat au parlement de Flandres et greffier de la ville de Douai, qui fut l’administrateur de cette fabrique à compter du 31 juillet 1782. Resté dans sa famille par héritage jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, ce groupe est ensuite passé sur le marché de l’art en 1989 et a fait partie depuis de la collection de l’antiquaire lillois Georges Davioud (1927-2014). Cette acquisition complète idéalement les collections de céramique ancienne du musée de la Chartreuse, l’enrichissant notablement d’un chef-d’œuvre inédit.

En bon état de conservation général, ce groupe ne nécessitera qu’une intervention de restauration en conservation relativement légère : fixation des quelques rares soulèvements de la glaçure, comblement et réintégration des lacunes les plus gênantes pour sa lisibilité, reprise des anciens collages et surtout refixage et recomposition en complément des fragments de la massue d’Hercule. Ce véritable chef-d’œuvre intégrera les vitrines de la salle 20 du musée de la Chartreuse, aux côtés des autres faïences fines les plus remarquables de Douai, dont il constituera indubitablement le fleuron.

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