Une Douaisienne nous raconte son quotidien en Nouvelle-Calédonie en pleine période de fortes tensions.

Une Douaisienne* vivant près de Nouméa en Nouvelle-Calédonie nous raconte son quotidien en pleine période de fortes tensions. Pour rappel, depuis plusieurs jours, l’archipel calédonien est en proie à de violentes émeutes, qui ont fait cinq morts, dont deux gendarmes. L’état d’urgence a été déclaré et l’armée déployée. À l’origine de la fronde, une réforme électorale. Récit.

Le plus dur dans cet événement, est de ne pas savoir… la lutte ! Ne sachant pas si l’épreuve durera encore 2 ou 15 jours. L’incertitude est un vrai poison ! Ce dimanche 11 mai 2024, je suis retourné dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie pour rejoindre mon compagnon durant mes jours de repos.


Nous à quelques kilomètres près de Nouméa, j’ai débuté le trajet sous le soleil, à sillonner les valets passant de la forêt tropicale aux étendues de champs de la côte Ouest. A la fin de mon trajet, les tensions montaient face au vote du dégel du corps électoral et le peuple Kanak écrasé leur haine sur les bas côtés de la route… brûlant ainsi des pneus en brandissant leur drapeau. Il fallait le voir pour y croire, un peuple d’ôter d’une grand force et mettant tout en œuvre pour rétablir leur image et sauver leur culture.

Je suis arrivée en Nouvelle-Calédonie en février 2024 et je pratique ma profession d’infirmière libérale dans les tribus de la province nord… Mon métier est merveilleux, il me permet de voyager, de rencontrer et de découvrir la culture des peuples et leurs différents modes de vie … je vis ici depuis 4 ans de cette manière, c’est vraiment enrichissant !


C’est assez bouleversant d’être au milieu de ce conflit… nous n’avons que très peu internet ici, pas de télé ni de radio… cela peut être considéré comme de la fuite mais de cette manière, on se tient à distance des informations difficiles à digérer tout en restant lucide des éventualités à venir. Comme un air d’une pandémie mixée aux attentats, c’est le plus grand des calmes entre les cris, la rage et la panique…


Le temps est calme, de chez moi je n’entends que les oiseaux, en arrière-plan les hélicoptères des forces de l’ordre, mais la fumée noire au loin, dessine dans le ciel un combat sans fin. A vrai dire, sous cette pression grandissante nous n’avons pas eu le temps de faire un grand ravitaillement et les premiers magasins proche de chez nous ont très vite brûlé. Dans ces conditions, il est préférable de se rationner, nous couplons nos repas avec le manioc récolté au compte gouttes sur notre terrain, histoire d’apaiser nos peurs
.


À vrai dire, nous nous sommes fixé des « heures d’informations » avec mon compagnon, afin de garder un équilibre et de ne pas sombrer dans la peur et la panique, alors un peu le matin et un peu le soir, nous découvrons les nouvelles qui sont souvent très peu rassurantes … Entre deux c’est jardinage, cuisine, lecture, et film pour occuper notre esprit à des choses plus douces.


J’aime cet endroit, j’aime ce peuple, j’aime mon travail, j’aime tout simplement ma vie ici .. Alors si je suis toujours la bienvenue, si le climat me le permet, j’aimerais continuer de découvrir toute la richesse que les habitants de la Nouvelle-Calédonie ont à offrir et à partager avec eux de multiples sourires.

(* Nous donnerons pas de prénom à la personne, et ainsi préserver son anonymat afin de garantir la sécurité de sa famille.)

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